Time Fades Away

dimanche 16 septembre 2007

Faire mon J.R.

J'ai piqué cette photo chez Kill Me Sarah. Il nous expliquait la semaine dernière qu'il avait acheté le dernier 45t de Beirut pour la pochette, qui est très belle, c'est vrai.




Cette photo m'en a rappelé une autre. Dans le livret du dernier album de Josh Rouse, Country Mouse, City House, seul disque intéressant sorti au plein coeur de juillet, qu'il m'ait été donné d'écouter de l'été, ce n'est pas une bibliothèque mais une partie de sa discothèque qu'il nous dévoile. J'ai voulu forcément regarder de plus près ce qu'écoutait le bonhomme, histoire de voir à qui j'avais affaire.




Par exemple, s'il y a des albums de Teenage Fanclub, des Jayhawks ou de (humm!) Placebo, j'étais content de constater qu'on avait la même édition limitée, la rose tyrien flashy, de The Greatest de Cat Power, qu'on aimait le Yoshimi des Flaming Lips, ou qu'on devinait le Croocked Rain, Crooked Rain de Pavement. Raison de plus d'aimer ce type qui sort depuis quelques années des disques magnifiques dont tout le monde, hélas, se contrefout.
Donc j'ai voulu m'amuser, à mon tour, faire mon J.R., et pris une photo d'une partie de ma discothèque... histoire de voir ce que ça donne.



Oh puis je montre tout!! Après tout!!
Exhibitionniste que je suis!!

mercredi 12 septembre 2007

Remplissage

Aujourd'hui, il faisait beau. Très beau. Le temps idéal pour aller à la plage. Vous avez déjà lu ce genre de trucs il y a peu. Vous avez raison c'était pas plus tard que la semaine dernière. A part qu'aujourd'hui, ben j'y étais!! La mer était d'huile, la température un peu juste dès que l'eau arrive aux organes génitaux, mais une fois passée la nuque, au bout de quelques brasses, c'était ma fois bien agréable. Une petite sieste sur le sable s'imposait par la suite pour se remettre de cet effort olympien.
Tout ça pour vous démontrer que je suis overbooké au point de n'avoir guère plus le temps que de poster qu'un billet hebdomadaire. Que ce week-end j'ai préparé à manger pour dix personnes et que ce soir encore on mange les restes. Que la rentrée disque semble un peu terne sur le papier. Cela laisse présager des surprises à n'en pas douter... Que j'attends toujours un colis qui s'est perdu entre Miami et ici et que je trépigne d'impatience. Qu'il faudrait que je songe à mettre un peu d'ordre chez moi et commencer par trier ce courrier qui s'amoncelle depuis le printemps et que je dois déplacer pour accéder au clavier et que je vais redéplacer pour pouvoir aller me coucher. Que je reprenne centimètre carré par centimètre carré et jeter ce qui ne me sert plus à rien ou que je n'ai pas utilisé des douze derniers mois. Une façon de faire le point, de voir ce qui compte encore vraiment et d'éliminer ce qui ne me correspond plus, tourner la page en somme. Et retrouver de l'espace.

C'était vraiment très intéressant...
Tâchera de faire mieux la prochaine fois

mercredi 5 septembre 2007

Des bricoles

Aujourd'hui, il faisait beau. Super beau. Le temps idéal pour aller à la plage, faire une petite sieste, une petite trempette... Et bien NON! Pourquoi faire comme tout le monde. Mieux que ça. Aujourd'hui j'étais ici.




C'est un magasin de bricolage discount, une sorte de Leader Price, mais pour les clous. Parce que sur un clou, d'un magasin à l'autre il peut y avoir une différence de prix dont tu peux pas avoir idée. Même si ça vaut pas un clou, à mon avis. Oui, de longues années durant on avait l'habitude de me croiser dans les rayons de la Fnac ou d'un Virgin quelconque. Et depuis quelques mois c'est dans ce genre d'endroit, à croire que je me suis découvert une nouvelle passion, que je traîne mes guêtres. Et toi, mon moins de sept lecteurs, qui n'est sans doute pas particulièrement bien familiarisé avec ce genre d'endroit, j'ai pensé à toi: c'est l'occasion ou jamais pour une petite visite guidée.




C'était hyper risqué, parce, contrairement à ce que laissent penser les clichés, c'était très fréquenté. J'ai même renoncé à mettre le flash pour éviter de me faire repérer. Tous affairés à leurs petites bricoles, personne n'a remarqué mon petit manège, pas même les molosses de la sécurité.




En plus j'étais accompagné par JD. C'était le copain à mon copain D, JD. Et vous vous rappelez de la transitivité en mathématique. Je sais c'est loin, alors je ne résiste pas à vous rafraîchir la mémoire: A est en relation avec B, B est en relation avec C, donc A est en relation avec C. Et ben avec JD, comme copain avec moi, ben ya pas de transitivité. Le voyage fut long et RFM branché m'a vacciné pour un bon moment de toute tentative d'écouter ce genre de musique. Entre de longs silences, florilège des meilleurs moments.

JD (qui vient d'arriver): Alors le café est prêt?
SM: NON, on a plus le temps (t'es en retard coco!).



JD devant la machine à café: Tu prends pas de café?
SM: NON, j'ai acheté une bouteille d'eau.



SM: Tu surveilles comment est arrimé le chargement avant de conduire.
JD: J'en ai rien à foutre. Moi j'conduis. Si ça casse, ça casse...



JD: Deux plats de jour.
Le serveur déplaisant: M'en reste qu'un.
SM relisant la carte: Je prendrai des lasagnes finalement (soulagé).
JD: Et une bière. T'en prends pas?
SM au serveur: NON, une carafe d'eau, merci.



JD dans le magasin: Mais qu'est-ce que tu fais?
SM: Je m'emmerde. Je prends des photos (j'ai fini, moi!!).
JD: Pfff!! T'es pas bien.

mercredi 29 août 2007

Gros bobo/ petit bobo

Après m'être lavé soigneusement les mains, je bascule ta tête légèrement en arrière. Tu es assis. Je pèle l'emballage, imprègne généreusement la compresse ainsi extraite de Bétadine et tamponne doucement la plaie. Conformément à ce qui est prescrit je couvre tout ça d'une noisette de vaseline. Je me sens maladroit, je ne suis pas bien habitué à ces gestes. Je m'applique, en prenant bien soin à ne pas te faire mal. Tu ne dis rien, ta lèvre tuméfiée a pris la couleur brune de l'antiseptique iodé, les deux points te tiraillent. L'infirmière aux urgences, t'as dit que tu t'en étais bien tiré, que tu resteras toujours aussi mignon.

Pas plus doué que ça pour ça, j'ai joué les infirmiers une autre fois cette semaine. J'ai fait asseoir une gamine qui s'est couronnée les deux genoux et l'ai désinfectée à l'eau oxygénée, qui a pour inconvénient de piquer un peu. Après avoir généreusement imbibé la compresse, au fur et à mesure que je me rapprochais de la zone écorchée et sensible, je sentais la jambe de l'enfant se raidir. Bien que sa soeur cadette qui assistait à la scène, lui faisait remarquer les lambeaux de peau qui blanchissaient au passage de la gaze, elle n'a rien dit. Juste retenu son souffle, mais rien dit. Je me rappelais avoir connu la même situation dans ma prime jeunesse et bien avoir survécu à l'épreuve du peroxyde d'hydrogène. Le pansement achevé, elle a ébauché un sourire quand je l'ai félicitée d'avoir été si courageuse.

dimanche 26 août 2007

La Concha





A huit jours d'intervalle. En fin d'après-midi, puis dans la première obscurité de la nuit. J'aime les lacets de cette route qui longe la côte de St-Jean-De-Luz à Hendaye. Au loin l'Espagne et Fontarrabie.

Classement vertical



Petite sieste crapuleuse, sur un lit de bruyère.

samedi 18 août 2007

Tropismes

"Ce sont des mouvements indéfinissables, qui glissent très rapidement aux limites de notre conscience, ils sont à l'origine de nos gestes, de nos paroles, des sentiments que nous manifestons, que nous croyons éprouver et qu'il est possible de définir. Ils (...) me paraissent constituer la source secrète de nos existence.
Comme, tandis que nous accomplissons ces mouvements, aucun mot - pas même les mots du monologue intérieur - ne les exprime, car ils se développent en nous avec une rapidité extrême, sans que nous percevions clairement ce qu'ils sont, produisant en nous des sensations souvent très intenses, mais brèves, il n'était pas possible de les communiquer au lecteur que par des images qui en donnent des équivalents et lui fassent éprouver des sensations analogues. (...)
Leur déploiement constitue de véritables drames qui se dissimulent derrière les conversations les plus banales, les gestes les plus quotidiens. Ils débouchent à tout moment sur ces apparences qui à la fois les masquent et les révèlent. (...)
Les tropismes ont continué à être la substance vivante de tous mes livres. Seulement ils se sont déployés davantage: l'action dramatique qu'ils constituent s'est allongée, et aussi s'est compliqué ce jeu constant entre eux et ces apparences, ces lieux communs sur lesquels ils débouchent au dehors: nos conversations, le caractère que nous paraissons avoir, ces personnages que nous sommes les uns aux yeux des autres, les sentiments que nous décelons chez autrui, et cette action dramatique superficielle, constituée par l'intrigue, qui n'est qu'une grille conventionnelle que nous appliquons sur la vie."

Nathalie Sarraute L'Ere Du Soupçon 1956

Comme ce tremblement de la lèvre et ce trouble qui est passé dans ton regard quand je t'ai annoncé que j'avais réussi mes épreuves. Comme ce regard perçant et inquisiteur qui m'a foudroyé quand tu es rentrée ce soir là et que, sans un mot, j'ai compris que je n'étais plus le bienvenu et que c'était fini entre nous. Comme quand je m'entends dire que si je prenais la parole ça serait peut-être intéressant. Comme cette tête qui se tourne au moment de me tendre la main pour me saluer. Comme cette lueur qui s'éteint au fur et à mesure que la conversation avance. Comme l'étincelle qui illumine ton regard, alors que je viens de tourner la clef dans la serrure et que je te surprends déjà au lit.

Je me souviens, je me rappelle, ces gestes, ces signes, ces phrases, ces mots, tout ça gravé au fond de ma mémoire et qui ressurgissent de temps à autre avec la même intensité, la même violence. Je me souviens, je me rappelle Martereau, Le Planétarium, Les Fruits D'or et la sensation d'être dans le vrai quand je les lisais. Je me souviens, je me rappelle, un album, poignant, sur le fil du rasoir, qui me poursuit et me hante toujours.