Time Fades Away
vendredi 22 mai 2009
Itinéraire d'un enfant gâté
Je n'ai pas pu fermer l'oeil sur le chemin de retour, trop fatigué, trop d'images en tête, ne pouvant bien m'allonger sur la banquette. Je n'ai pu dormir qu'une heure à mon arrivée. J'étais lessivé ce soir-là. Je te regardais par la fenêtre, toi sur le quai, et je sais pas pourquoi, dès que le train aurait démarré, j'avais le sentiment que c'était la dernière fois que l'on se verrait. Malgré les années, il m'arrive quelque fois de penser à cette ultime soirée. Moi flottant dans un bain à bulles, poussant l'un derrière l'autre des maccarons de chez Ladurée, une flûte de champagne pour se rincer le gosier et faire passer le tout. Je ne tenais particulièrement ni à l'un ni à l'autre, excepté le champagne, pour être tout à fait franc. Il y avait quelque chose d'étrange et d'extravagant: l'écart était trop grand avec mon quotidien. Un peu trop aux petits soins peut-être, ou comment jamais essayer de satisfaire un enfant gâté. Je me revois ensuite le pegnoir ouvert, étendu sur le lit, ta tête entre mes mains pour un plaisir plus long en bouche. Il y avait cette agréable sensation de légèreté, à laquelle succéda celle un peu plus dérangeante, que tout ça ne me ressemblait pas. Je n'ai jamais eu envie de finir gigolo. Je suis beaucoup plus attaché à ma liberté que ça. Même si on a passé du bon temps ensemble, même si ça a été dur et cruel peut-être, il me fallait partir et mettre un terme, pour être tout à fait honnête.
Libellés :
C'était vraiment très très intéressant
jeudi 7 mai 2009
vendredi 24 avril 2009
vendredi 17 avril 2009
Revue de casernement
Depuis que mon pc a planté en début d'année, une des perte les plus lourdes hormis les photos, c'est la base de donnée de ma discothèque que je complétais au fur et à mesure, à un rythme irrégulier certes, mais pour laquelle j'étais arrivé à référencer les deux tiers. Aucune sauvegarde de faite, donc tout à refaire.
L'exercice est ingrat et idiot, parce qu'il me faut retrouver à tout prix la date exacte de sortie du disque, puisque c'est le paramètre prépondérant de la classification. J'aime bien savoir qui est avant qui, qui a fait quoi avant ou en même temps.
J'ai commencé cette fois-ci à rebours, c'était plus simple et rencontre les premières difficultés au fur et à mesure que le temps remonte et je n'en suis qu'en 2003. Pour m'en sortir, il y a certes l'internet, qui ne répond pas toujours à mes questions, et ma collection des Inrockuptibles que je paluche en quête du moindre indice.
Plus qu'une recherche de date, c'est devenu une revue de casernement. Des moments forts, des joies, des peines, des évènements marquants viennent se rappeler à mon souvenir. Et j'ai parfois du mal à reconnaître celui que j'étais il y a peu de temps encore. Du mal à me dire que j'ai pourtant aimé tel ou tel disque qui aujourd'hui ne me fait ni chaud ni froid, alors que j'écoute encore tel autre qui a toujours été l'outsider.
Je vais traverser bientôt d'autres époques, d'autres lieux, d'autres personnes dont je n'ai plus guère de nouvelles, revenir au début de ma vie active, l'armée, ma vie d'étudiant, mes jeunes années qui n'ont aucun intérêt, fatalement, et c'est amusant, celles où je n'étais même pas né, mais qui ont trouvé leur place au moment de la découverte, comme si j'y étais.
Le fait est que depuis un moment je ne parle pas du présent ni du futur, mais reviens sans cesse sur le passé, comme pour vérifier qu'à la lumière de ce que je sais aujourd'hui, de celui que je suis devenu, je n'ai pas omis quelque chose en cours de route. Pour le moment il n'y a rien à signaler donc rien à regretter. Une fois cet inventaire terminé, quand il n'y aura plus rien à en tirer, si ce n'est qu'une suite de dates qui donneront l'ordre dans une liste, je pourrais pleinement passer à autre chose.
Bientôt neuf an que je n'ai pas bougé, que je me suis laissé poser, me suis assoupi, me suis encroûté après une période instable, je sens bientôt venir le moment propice de remettre le compteur à zéro.
L'exercice est ingrat et idiot, parce qu'il me faut retrouver à tout prix la date exacte de sortie du disque, puisque c'est le paramètre prépondérant de la classification. J'aime bien savoir qui est avant qui, qui a fait quoi avant ou en même temps.
J'ai commencé cette fois-ci à rebours, c'était plus simple et rencontre les premières difficultés au fur et à mesure que le temps remonte et je n'en suis qu'en 2003. Pour m'en sortir, il y a certes l'internet, qui ne répond pas toujours à mes questions, et ma collection des Inrockuptibles que je paluche en quête du moindre indice.
Plus qu'une recherche de date, c'est devenu une revue de casernement. Des moments forts, des joies, des peines, des évènements marquants viennent se rappeler à mon souvenir. Et j'ai parfois du mal à reconnaître celui que j'étais il y a peu de temps encore. Du mal à me dire que j'ai pourtant aimé tel ou tel disque qui aujourd'hui ne me fait ni chaud ni froid, alors que j'écoute encore tel autre qui a toujours été l'outsider.
Je vais traverser bientôt d'autres époques, d'autres lieux, d'autres personnes dont je n'ai plus guère de nouvelles, revenir au début de ma vie active, l'armée, ma vie d'étudiant, mes jeunes années qui n'ont aucun intérêt, fatalement, et c'est amusant, celles où je n'étais même pas né, mais qui ont trouvé leur place au moment de la découverte, comme si j'y étais.
Le fait est que depuis un moment je ne parle pas du présent ni du futur, mais reviens sans cesse sur le passé, comme pour vérifier qu'à la lumière de ce que je sais aujourd'hui, de celui que je suis devenu, je n'ai pas omis quelque chose en cours de route. Pour le moment il n'y a rien à signaler donc rien à regretter. Une fois cet inventaire terminé, quand il n'y aura plus rien à en tirer, si ce n'est qu'une suite de dates qui donneront l'ordre dans une liste, je pourrais pleinement passer à autre chose.
Bientôt neuf an que je n'ai pas bougé, que je me suis laissé poser, me suis assoupi, me suis encroûté après une période instable, je sens bientôt venir le moment propice de remettre le compteur à zéro.
lundi 13 avril 2009
Le miracle de la rose
La désastreuse performance live de cet été à Bruxelles, mais il semble qu'il se soit livré au même exercice sur la date parisienne, où à deux doigts du miracle de le voir interprété devant moi, s'est transformée en désastre, néanmoins je considère toujours Berlin comme un de mes disques préférés de tous les temps.
Jusqu'à ces jours-ci j'avais une réedition vinyle, trouvée chez un soldeur il y a une douzaine d'année maintenant. J'avais le choix à l'époque entre deux exemplaires: un avec paroles sur la pochette gatefold, plus ancien, que je pensais être l'édition originale, et celui que j'ai pris, moins cher, plus récent sans doute, pochette simple, mais qui présentait l'avantage d'être comme neuf. Je ne sais plus qui disait qu'il préférait écouter une réedition en bon état qu'un original usé jusqu'à la corde, je me suis donc rangé sur cet avis.

Les paroles de la première chanson Berlin et de la dernière, Sad Song, illustrent le recto et le verso de la pochette. Je me suis souvent demandé pourquoi les autres n'y étaient pas. Je n'ai eu la réponse à ma question qu'il y a deux semaines en mettant la main, ô miracle, sur l'édition originale anglaise (ou tout du moins je le pense) dans un bac de soldes. Le grain du carton est épais et jauni. Pas de gatefold, une pochette simple, mais avec à l'intérieur un livret, sorte de roman photo avec les textes. Ouvrez bien les mirettes.





Lou Reed - Berlin - 1973 - RCA APLI 0207
Jusqu'à ces jours-ci j'avais une réedition vinyle, trouvée chez un soldeur il y a une douzaine d'année maintenant. J'avais le choix à l'époque entre deux exemplaires: un avec paroles sur la pochette gatefold, plus ancien, que je pensais être l'édition originale, et celui que j'ai pris, moins cher, plus récent sans doute, pochette simple, mais qui présentait l'avantage d'être comme neuf. Je ne sais plus qui disait qu'il préférait écouter une réedition en bon état qu'un original usé jusqu'à la corde, je me suis donc rangé sur cet avis.
Les paroles de la première chanson Berlin et de la dernière, Sad Song, illustrent le recto et le verso de la pochette. Je me suis souvent demandé pourquoi les autres n'y étaient pas. Je n'ai eu la réponse à ma question qu'il y a deux semaines en mettant la main, ô miracle, sur l'édition originale anglaise (ou tout du moins je le pense) dans un bac de soldes. Le grain du carton est épais et jauni. Pas de gatefold, une pochette simple, mais avec à l'intérieur un livret, sorte de roman photo avec les textes. Ouvrez bien les mirettes.
Lou Reed - Berlin - 1973 - RCA APLI 0207
Greatings from London
Alors quoi de neuf dans la besace?
Quelques merdes des années 80.

Quelques plaisirs coupables.

Un peu plus sérieux: une réedition des deux premiers albums de Tim Hardin en pochette gatefold, Tim Hardin dont j'avais embarqué le cd avec moi pour le voyage, j'aime ce genre de hasard, une réedition du Nancy & Lee de chez Rhino sur laquelle je me suis précipité. Quelques jours plus tard je tombais sur l'original, mais tant pis. Cette réedition présente l'avantage d'avoir un titre supplémentaire et de coïncider parfaitement avec l'exemplaire cd que j'ai. Puis une des bonnes surprises, un exemplaire original du Nina Simone And Piano, un de ses plus beaux albums de la période RCA, 1969.

Une réedition du SF Sorrow des Pretty Things, Iggy, Dylan, une réedition de Bring It All Back Home, un original en revanche de Times They Are A Changin'. La pochette a vécu certes mais j'aime l'épaisseur du carton. Le disque était décrit comme "poor". Après un bon décrassage, il passe parfaitement sans un craquement. Enfin, LA pièce qui justifie à elle seule le déplacement, l'original de Berlin de Lou Reed, toujours avec ce carton épais, sans un craquement non plus, et avec, chose que je n'avais jamais vu auparavant, le livret original avec pour chaque titre, parole et photo... Puis Johnny Cash, je ne pouvais pas laisser passer cet exemplaire de l'American III: Solitary Man.
Quelques merdes des années 80.
Quelques plaisirs coupables.
Un peu plus sérieux: une réedition des deux premiers albums de Tim Hardin en pochette gatefold, Tim Hardin dont j'avais embarqué le cd avec moi pour le voyage, j'aime ce genre de hasard, une réedition du Nancy & Lee de chez Rhino sur laquelle je me suis précipité. Quelques jours plus tard je tombais sur l'original, mais tant pis. Cette réedition présente l'avantage d'avoir un titre supplémentaire et de coïncider parfaitement avec l'exemplaire cd que j'ai. Puis une des bonnes surprises, un exemplaire original du Nina Simone And Piano, un de ses plus beaux albums de la période RCA, 1969.
Une réedition du SF Sorrow des Pretty Things, Iggy, Dylan, une réedition de Bring It All Back Home, un original en revanche de Times They Are A Changin'. La pochette a vécu certes mais j'aime l'épaisseur du carton. Le disque était décrit comme "poor". Après un bon décrassage, il passe parfaitement sans un craquement. Enfin, LA pièce qui justifie à elle seule le déplacement, l'original de Berlin de Lou Reed, toujours avec ce carton épais, sans un craquement non plus, et avec, chose que je n'avais jamais vu auparavant, le livret original avec pour chaque titre, parole et photo... Puis Johnny Cash, je ne pouvais pas laisser passer cet exemplaire de l'American III: Solitary Man.
dimanche 12 avril 2009
Eloge de la fuite
Il est des jours comme ça... J'ai pas pu. Ca a commencé par le lait qui a débordé contre toute attente, alors que je pensai maîtriser le point d'ébullition. C'est monté d'un coup, je l'ai retiré. En une fraction de seconde j'ai compris qu'il valait mieux que je mette la casserole dessus l'évier dare-dare.
Comme un signe, j'ai de suite senti que ce serait pas la journée. Pourtant j'étais prêt, ça serait sorti comme ça, l'air de rien devant tout le monde, histoire de diluer et surtout de pas avoir à répéter. Quoi? Qu'est-ce qu'il a dit? Dans ces moments là c'est fou comme on comprend de suite.
Donc de guerre lasse, comme ça ne faisait aucune différence que je sois là ou pas, pas la peine de lutter, je me suis éteins. Switch Off. Acte de présence. Là et ailleurs à la fois. Effacé. Mis en veille. Le reste de la conversation me passait par dessus la tête, entrait par une oreille et ressortait par l'autre avec cette pénible impression de m'ennuyer et surtout de perdre mon temps.
Je pensais à Londres, à ces instants, où seul, j'étais... bien, tout simplement. Regent's Park, Hyde Park, St James's Park.


Comme un signe, j'ai de suite senti que ce serait pas la journée. Pourtant j'étais prêt, ça serait sorti comme ça, l'air de rien devant tout le monde, histoire de diluer et surtout de pas avoir à répéter. Quoi? Qu'est-ce qu'il a dit? Dans ces moments là c'est fou comme on comprend de suite.
Donc de guerre lasse, comme ça ne faisait aucune différence que je sois là ou pas, pas la peine de lutter, je me suis éteins. Switch Off. Acte de présence. Là et ailleurs à la fois. Effacé. Mis en veille. Le reste de la conversation me passait par dessus la tête, entrait par une oreille et ressortait par l'autre avec cette pénible impression de m'ennuyer et surtout de perdre mon temps.
Je pensais à Londres, à ces instants, où seul, j'étais... bien, tout simplement. Regent's Park, Hyde Park, St James's Park.
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