Time Fades Away

vendredi 28 novembre 2008

Vivement dimanche!!

La scène se passe il y a trois semaines, à la Fnac à Bordeaux, je passe en caisse, je dépose mes emplettes. Elle, derrière moi, grand manteau, la coupe de cheveux qui va avec, très chic, très Grande Dame, m'interpelle avec dans la voix une intonation de surprise et d'émerveillement, comme si le Petit Jésus venait de lui apparaître. Elle ne peut s'empêcher de me poser la question:
- C'est un calendrier de l'Avent? Où l'avez-vous trouvé? J'en un cherche désespérément!


- Non madame... C'est un disque vinyl, le premier album des Fleet Foxes.

Tout ça pour vous dire que ce dimanche est le premier dimanche de l'Avent, que très certainement vous vous en tamponnez bien le coquillard, tout comme moi d'ailleurs, jusqu'à ce que tout à l'heure en ouvrant ma boite à spam, je ne tombe sur ça.
En voilà une bonne nouvelle, et même trois bonnes nouvelles! La première c'est de trouver dans sa boite chaque jour un morceau tout nouveau tout beau tout chaud, tout inédit, et que deux fois douze titres ça fera une jolie compilation. La deuxième c'est qu'il y aura entre autres célébrités Emily Jane White, dont je ne tarderai pas à vous reparler dans le bilan de fin d'année. La troisième et pas des moindres, c'est qu'on a enfin des nouvelles d'Elysian Fields. Ils publieront leur nouvel album qui a été enregistré il y a tout juste un an, en début d'année prochaine.

lundi 24 novembre 2008

Vive la crise!!

Crise du bâtiment, crise de l'immobilier, crise financière, crise bancaire, crise économique, crise des subprimes, crise monétaire, crise boursière, crise de la consommation, crise de confiance, crise de la natalité, crise de l'automobile, crise de l'édition, crise du disque, crise des média, crise de la presse écrite, crise alimentaire, crise des matières premières, crise industrielle, crise du secteur touristique, crise agricole, crise vinicole, crise de l'emploi, crise énergétique, crise pétrolière, crise sociale, crise politique, crise gouvernementale, crise du pouvoir, crise diplomatique, crise du transport aérien, crise des urgences, crise sanitaire, cellule de crise, crise de la quarantaine, crise du milieu de vie, crise de l'adolescence, crise d'autorité, crise de l'éducation, crise d'angoisse, crise de panique, crise d'épilepsie, crise d'asthme, crise de colique, crise d'urticaire, crise de foie, crise de nerf, crise de larmes, crise en thème, crise de fou rire!!!

mercredi 19 novembre 2008

Classement vertical


Deux pour le prix d'un aujourd'hui. Du retard, le rythme qui suit pas, la grisaille, le plafond bas, et le froid qui s'invite sournoisement, à croire que tout me ralentit le cerveau et m'engourdit les doigts.
Un peu de couleur, un rayon de soleil qui passait par là, sur le gris du béton à l'état brut. Mais plus que de couleurs, c'est de luminosité et de chaleur dont j'aurais besoin.

Tropismes 2 / Enfance 0

Elle était accroupie sur un coin du fauteuil, se tortillait, le cou tendu, les yeux protubérants: "Oui, oui, oui, oui" disait-elle, et elle approuvait chaque membre de phrase d'un branlement de la tête. Elle était effrayante, douce et plate, toute lisse, et seuls ses yeux étaient protubérants. Elle avait quelque chose d'angoissant, d'inquiétant et sa douceur était menaçante.
Il sentait qu'à tout prix il fallait la redresser, l'apaiser, mais que seul quelqu'un de doué d'une force surhumaine pourrait le faire, quelqu'un qui aurait le courage de rester en face d'elle, là, bien assis, bien calé dans un fauteuil, qui oserait la regarder calmement, bien en face, saisir son regard, ne pas se détourner de son tortillement. "Eh bien! Comment allez-vous donc?" il oserait cela. "Eh bien! Comment vous portez-vous?" il oserait le lui dire - et puis il attendrait. Qu'elle parle, qu'elle agisse, qu'elle se révèle, que cela sorte, que cela éclate enfin - il n'en aurait pas peur.
Mais lui n'aurait jamais la force de le faire. Aussi lui fallait-il contenir cela le plus longtemps possible, empêcher que cela ne sorte, que cela ne jaillisse d'elle, le comprimer en elle, à tout prix, n'importe comment.
Mais quoi donc? Qu'était-ce? Il avait peur, il allait s'affoler, il ne fallait pas perdre une minute pour raisonner, pour réfléchir. Et comment toujours dès qu'il la voyait, il entrait dans ce rôle où par la force, par la menace, lui semblait-il, elle le poussait. Il se mettait à parler, à parler sans arrêt, de n'importe qui, de n'importe quoi, à se démener (...) vite, vite, vite sans s'arrêter, sans une minute à perdre, vite , vite pendant qu'il est encore temps de la contenir, pour l'amadouer. Parler, mais parler de quoi? De qui? De soi, mais de soi, des siens, de ses amis, de sa famille, de leurs histoires, de leurs désagréments, de leurs secrets, de tout ce qu'il valait mieux cacher, mais puisque ça pouvait l'intéresser, mais puisque cela pouvait la satisfaire, il n'y avait pas à hésiter, il fallait le lui dire, tout lui dire se dépouiller de tout, tout lui donner, tant qu'elle serait là, accroupie sur un coin du fauteuil, toute douce, touts plate, se tortillant.

Nathalie Sarraute - Tropismes- 1939


J'ai terminé Enfance hier soir. Des mois que ça traîne et déception: rien de passionnant, pas même un passage à extraire. Rien trouvé de ce qui m'avait toujours tant plu chez elle. A n'y rien comprendre. A tel point point que j'ai fini les dernières pages en diagonale, pour passer à autre chose. A n'y rien comprendre parce qu'Enfance est une oeuvre souvent citée quand on l'évoque, ya même des éditions commentées en poche.
Alors comme je n'aime pas rester sur ma faim, ce matin je me suis englouti au petit déjeuner Tropismes, son premier livre. Je viens de le finir, c'est très vite lu. Me voilà rassuré, j'ai retrouvé ce qui me fascine toujours autant, dont j'ai déjà parlé il y a quelques temps.
Tropismes, je l'ai longtemps cherché, je l'ai trouvé cet été à Bruxelles, dans les Galeries Saint-Hubert, récemment réédité aux Éditions de Minuit, dans une ces grandes librairies, où c'est toujours un bonheur de se perdre dans les recoins, le labyrinthe des allées, des escaliers... et qui s'appelle Tropismes justement. Il n'y a pas de hasard.

samedi 8 novembre 2008

(Tout spécialement) pour ceux qui n'étaient pas là

La première fois que je l'ai vu sur scène, j'étais un peu devant à gauche du micro. J'en avais plein les yeux. Il avait commencé par Les Grands Voyageurs. Je vois et entends encore le bruit de ses bottes marteler le rythme du talon sur le plancher. Non loin de moi il y avait deux petits jeunôts; l'un d'eux avait dû se faire offrir l'intégrale pour Noël et qui criait Alaiiiiin, comme d'autres auraient crié Patriiiiick. Nous étions en 1994, c'était à La Médoquine. C'était l'automne, octobre ou novembre, je ne me souviens plus. C'est le premier concert que j'ai fait en solitaire: personne n'avait voulu m'accompagner, certains l'ont regretté.

La deuxième fois que je l'ai vu sur scène, j'étais toujours un peu sur la gauche mais nettement plus loin. J'avais pourtant pris mes dispositions pour arriver tôt, mais d'autres avaient fait mieux. C'était à la même période, l'automne aussi, la même salle. Je me souviens de l'entrée en scène, il avait commencé avec Tel, ça en imposait, un silence religieux, tout le monde retenait son souffle. A coté de moi une groupie passablement excitée s'est mise à crier à trois reprises: UN BISOU!! La première fois il a tourné la tête pour voir d'où cela venait, à la seconde reprise il a repéré le coin, à la troisième, la salle a poussé une "bronca", un soupir collectif agacé, lui a porté la main à ses lèvres, soufflé le bisou en question vers la jeune fille qu'on n'a pour le coup plus entendue, verte de honte, si ce n'est pour présenter des excuses à la fin. Elle avait un peu abusé de la bière et ne savait pas bien ce qui l'avait pris. Nous étions en 2002, ce fût le grand frisson, La Tournée Des Grands Espaces.

Cette fois ci c'est la troisième fois que je le vois à la même époque de l'année, toujours dans la même salle, comme si c'était un rendez-vous. Oui je suis là, comme pour venir rendre visite à un ami. Toujours sur la gauche mais j'ai cédé davantage de terrain, je suis au milieu de la salle près de la sono. Pris malgré moi dans un embouteillage qui n'en finit pas, quand je vois la queue sur le trottoir je me fais à l'idée que je ne serai pas au pied du micro. L'homme arrive, le pas lent, le dos voûté, dans un long manteau noir, des Ray Ban à la Blues Brothers et un borsalino vissé côté droit. Quelques mots très simples comme toujours, au programme, des chansons qu'on connaît déjà et des nouvelles, il nous souhaite un bon voyage. Ca commence assis sur un tabouret, par un morceau de Manset, Comme Un Lego. La mission est délicate, défendre le mal aimé Bleu Pétrole. Et voilà, sa présence, sa voix, il nous ferait avaler n'importe quoi. Il profite de la brèche pour en placer deux autres, Je T'ai Manqué, Hier A Sousse. Une bonne partie du disque y passe, dans le désordre, Vénus, Sur Un Trapèze, Je Tuerai La Pianiste. Tant De Nuits, ma préférée, n'a pas été jouée, dommage... Le geste est rare, la tension monte, un coup d'harmonica de temps à autres.
En deuxième position, toujours en embuscade, c'est Fantaisie Militaire et ses déflagrations qui prend la relève avec les toujours redoutables Mes Prisons, Samuel Hall, Fantaisie Militaire donc, La Nuit Je Mens, et Malaxe qui conclut le show. Osez Joséphine, Madame Rêve et Happe qui ressurgit où on ne l'attendait pas, pour cet album là. Deux titres tirés de Chatterton, J'Passe Pour Une Caravane et A Perte De Vue dont on était sans nouvelle depuis bien quinze ans. Mes Bras seul représentant de L'Imprudence, le silence que cette chanson impose accentue les moindres bruisements des instruments, les impasses/les grands espaces, la douceur d'un blindé/le remède à l'oubli. D'autres titres plus anciens, Volontaire, Légère Eclaircie et ses nuages menaçants, Vertige De L'Amour. Seul véritable inédit, une reprise, Everybody's Talking, Harry Nilsson, Macadam Cowboy (la chanson est de Fred Neil à l'origine, faudrait pas l'oublier non plus). Et un duo avec Chloé Mons, une chanson de son disque Calamity Jane.
Un seul rappel qui se conclut par Malaxe donc, quelques mots tout simples: j'aimerai vous présenter mes musiciens... merci à tous les techniciens et créateurs de cette tournée... et... merci à vous. Il part d'un pas de côté et disparaît d'où il était venu.
Merci à toi, mon gars.

Bashung, La Médoquine, 6 novembre 2008

vendredi 31 octobre 2008

Quand

Depuis quelques semaines la question c'est: quand? Alors c'est pour quand? Et tous, pas un qui ne connaît l'histoire n'y manque. C'est pour quand? Quand? Et c'est quand alors que tu vas... Comme si j'étais sur le point d'accoucher. Et pourquoi pas me demander si c'est une fille ou un garçon? Mais ça ils s'en gardent. Mais je ne suis pas encore en mesure de pouvoir dire quand: tout le monde ne connait pas la réponse. Dès que vient une question pressante j'y réponds à côté. Cela ne décourage pas les plus opinîatres. Mais l'important pour eux n'est pas d'entendre la réponse mais plutôt d'avoir posé la question. C'est quand? Voulant rester le plus honnête, j'évite des réponses mensongères ou donner un calendrier que je ne pourrai pas tenir. Quand? Quand! Quand même... Quand je serai prêt. Quand le moment sera venu.
Mieux que quand ce matin, la question fut pourquoi. J'y reviendrai une autre fois.

A quoi jouent Kings Of Leon? Je ne sais guère. Sex Is On Fire, le programme est torride. Un peu moins coincés en tout cas. Mais j'les aime bien Kings Of Leon, j'aime bien Only By The Night que poursuit la voie sombre déjà empruntée sur Because Of The Times.

samedi 25 octobre 2008

Don't Worry / Go Lightly

Toujours aussi peu loquace, mais ça reviendra.
Notre ami Golightly nous posait ces questions essentielles...
Quelques éléments de réponse.

1. Comment vous sentez-vous aujourd'hui ?
Comme Un Ouragan - Stéphanie

2. Comment les autres vous voient ?
La Plus Belle Pour Aller Danser - Sylvie Vartan

3. Quelle est l'histoire de votre vie ?
Ma Vie - Alain Barrière

4. Quelle chanson pour votre enterrement ?
Adieu Les Jolis Foulards - Chantal Goya

5. Comment allez-vous de l'avant dans la vie ?
Un Pied Devant L'Autre - Mader

6. Comment être encore plus heureux ?
Tata Yoyo - Annie Cordy

7. Quelle est la meilleure chose qui vous soit arrivée dans la vie ?
Laisse Tomber Les Filles - France Gall

8. Pour décrire ce qui vous ravit ?
Le Lundi Au Soleil - Claude François

9. Votre boulot pour vous c'est... ?
La Complainte De La Serveuse Automate - Fabienne Thibault

10. Que devriez-vous dire à votre boss ?
Mise Au Point - Jackie Quartz

11. Pour vous, l'amour c'est... ?
Amoureux Fous - Herbert Léonard & Julie

12. Pour vous, la sexualité ça doit être... ?
Le Zizi - Pierre Perret

13. Bloguer pour vous c'est... ?
Chacun Fait C'Qui Lui Plaît - Chagrin D'Amour

On peut aussi voir les choses de la façon suivante:

1. Comment vous sentez-vous aujourd'hui ?


Solitary Man - Jonnhy Cash

2. Comment les autres vous voient ?


Tu Ne Dis Jamais Rien - Léo Ferré

3. Quelle est l'histoire de votre vie ?


That's The Story Of My Life - The Velvet Underground

4. Quelle chanson pour votre enterrement ?


Satisfied Mind - Jeff Buckley

5. Comment allez-vous de l'avant dans la vie ?


Walk Unafraid - REM

6. Comment être encore plus heureux ?


Sunshine Everyday - Swell

7. Quelle est la meilleure chose qui vous soit arrivée dans la vie ?


Cut Your Hair - Pavement

8. Pour décrire ce qui vous ravit ?


Joyriders - Pulp

9. Votre boulot pour vous c'est... ?


Work Is A Four Letter Word - The Smiths

10. Que devriez-vous dire à votre boss ?


On N'Est Pas Là Pour Se Faire Engueuler - Boris Vian

11. Pour vous, l'amour c'est... ?


The Man I Love - Billie Hollyday

12. Pour vous, la sexualité ça doit être... ?


Raw Power - Iggy & The Stooges

13. Bloguer pour vous c'est... ?


Windows Of The World - Scott Walker

Je sens que j'ai mérité une part de Tarte Absolue, non?