Time Fades Away

mercredi 12 août 2009

Neil Young Archives Vol.1 1963-1972


L'objet est beau. On dirait une cartouche de cigarettes. On a peur de l'abîmer pour l'ouvrir, mais il s'ouvre bien en deux, et on découvre alors deux compartiments. Huit disques... Il va y en avoir des choses à écouter! Ça fait bien trois semaines que je l'ai, ce coffret, il m'impressionnait tellement que je l'ai laissé tel quel, sous cellophane, je ne m'y suis penché que ce week end. Longtemps promis, maintes fois repoussé, le premier volume des archives de Neil Young, couvrant la période 1963-1972, vient de paraître.


Il y eut déjà plusieurs avant goûts, avec fin 2006 la publication du Live At The Fillmore East 1970 avec Crazy Horse et quelques mois plus tard en mars 2007, celle du Live At Massey Hall 1971, qu'il faut absolument avoir, seul sur scène, soit à la guitare soit au piano, un concentré de ses meilleures chansons, probablement les plus belles. Le coffret a mis trois ans de plus pour voir le jour.


Pour quel résultat? 116 titres au total, mais une quarantaine véritables inédits, c'est un peu léger à mon goût. On y retrouve certes les deux précédents concerts cités, mais allez comprendre, nulle trace du Live At The Canterburry House 1968 publié en décembre dernier. On trouve à la place, et sans perdre au change, un enregistrement de l'année suivante, Live At the Riverboat 1969, qui est pour le moment, le principal attrait du coffret. Car pour le reste... Car pour le reste, et il me reste encore les volumes 6 et 8 à découvrir, il est assez agaçant de retrouver des pans entiers des albums originaux, qu'on a déjà, pour commencer, et qu'on connaît dans leurs moindres recoins. J'ai vraiment peine à croire qu'on n'a réussi à trouver qu'une petite quarantaine de véritables inédits, quand ce n'est pas des alternates takes. Le livret qui accompagne ne donne que le minimum syndical d'informations, pas la peine d'espérer passer des heures à s'y plonger dedans, ça tombe bien, j'ai pas le temps. Il a toutefois l'honnêteté de garantir la provenance, notamment lorsqu'il s'agit de versions déjà publiées.


Pour ceux qui hésiteraient avec la version DVD du coffret, qui pour justifier son prix sans doute, inclus aussi ce coffret de 8 CD, je leur rappellerais la chose suivante. Les premières éditions du Live At Fillmore East et du Live At Massey Hall étaient déjà enrichies de DVD hautement dispensables. Je trouve absolument scandaleux et honteux ce genre de procédé, qui consiste à filmer des photos d'archive et à donner l'illusion grossière du mouvement à coup de zoom avant et arrière. Je réfléchirais à deux fois dans le cas où tous les autres DVD de la série feraient appel à cette technique.

En conclusion. Quelques perles et de vrais joyaux qui valent le détour, c'est indiscutable. Se le procurer direct des States à un prix abordable. Sinon se replonger sans modération dans sa très dense discographie officielle.

lundi 10 août 2009

Who Can Say

Si elles étaient bien les vacances? Who Can Say? Je n'en sais rien. Le printemps s'est enfui sans que je ne m'en rende compte, il se passe la même chose avec l'été. Je suis blanquignous comme je l'ai jamais été à cette époque. Même pas eu l'occase de sortir le transat, même pas une sieste sous le châtaigner. J'ai les yeux cernés, je suis fatigué. Triste mine, triste sire. Pas de concert, ni de festival à ce jour. Pas de disques achetés non plus, pas de nouveautés, et j'ai fait une pause dans ma quête aux vinyles. Les cartons se déballent de temps à autre, les pièces prennent un nouvel habillage et montrent un nouveau visage.
J'ai l'impression d'avoir laissé filer l'été, d'être passé à côté des longues journées ensoleillées. Le soir tombe plus tôt à présent. Je vous dirai dans trois jours à quoi ressemblent les vacances au mois d'août, chose nouvelle pour moi.

Eu le temps d'oublier mes disques, d'en écouter quelques uns, dans la bagnole principalement. Aimerai vous parler plus longuement de The Horrors, des sensations que ce disque procure au volant, le pied gauche battant la mesure, le droits ne pouvant se lever de l'accélérateur, et voir ainsi défiler le paysage en cadence. Mais, il se fait tard, et je suis fatigué, alors silence, laissons les vous dire...

samedi 11 juillet 2009

Spécial jeux!!

Pour vous faire patienter, je vous propose le jeu des sept erreurs...



C'est la formule inversée: disons qu'à chaque fois il y a sept éléments qui sont encore présents... Amusez-vous bien!!




Bonne plage et bonnes vacances...

jeudi 2 juillet 2009

Ce qui ne l'était pas

Il faut que je vous parle... Je pouvais pas vous en parler avant... Avant que ça soit fait.
Alors que je me trouvais au téléphone, à faire le tour du net comme je le fais entre midi et deux, me voilà contraint de raccrocher en catastrophe et de voir débarquer tout un tas de personnes, la plupart inconnues, qui étaient là pour ficeler le paquet et signer la vente: mandataires, notaires, banquiers, comptables, nouveaux acquéreurs et employeur démissionnaire. Le secret si bien gardé ne tenait plus, il fallait bien que je me trouve là où il fallait pas. En une heure tout au plus, nous voilà vendus, avec le mobilier et le stock.
Un mois plus tôt le discours n'était pas le même. C'est les larmes aux yeux qu'on me suppliait de ne pas m'en aller. Qu'on n'avait pas assez de qualificatifs pour reconnaître ma valeur, qu'on me donnerait monts et merveilles à l'avenir. On trouverait bien une façon d'associer nos talents. Toujours se méfier des compliments, surtout de la part de quelqu'un qui n'en fait jamais et ne jamais compter sur des promesses. Un mois plus tard, les choses n'étaient plus les mêmes, me voilà écarté, sans état d'âme aucun, de la possibilité de gravir un dernier échelon.
Sortie de piste sans panache, prend l'oseille et tire-toi. On l'a eu à l'usure finalement...

Ce qui était prévisible

Depuis un peu plus de deux mois les choses tournent au ralenti ici. S'il est des périodes où rien ne se passe, où les jour se succèdent les uns aux autres identiques, depuis quelques semaines, le cours pépère des choses en a pris un coup.

Tout d'abord, il y a eu ce qui était prévu, ou sinon logique. Arrivait l'aboutissement de ces nombreux mois d'hésitation, de réflection. Cette décision de vivre à deux en impliquait une autre, repoussée, elle, de nombreuses années. Rendre publique la chose, l'annoncer au cercle proche. Il fallait que ça sorte de la façon la plus naturelle et le ton le plus rassurant qu'il soit. Que les mots biens choisis viennent sans une hésitation, le regard droit si possible, le sourire vendeur. Même si à ce jour les présentations n'ont toujours pas été faites, l'accueil est plutôt favorable, à mon grand soulagement.

Il y aura seize cartons de CD, six caisses de vinyles, et deux de quarante cinq tours à remuer dans les jours qui viennent, je ne vous parle pas des différentes paires d'enceintes colonnes ou bibliothèques, et du reste de la hifi. L'appartement se vide progressivement, et retrouve l'espace qu'il avait lorsque je l'ai pris il y a neuf ans tout juste. D'ici une dizaine de jours, il n'y aura plus le téléphone et comme, je ne sais pas pourquoi, je le sens mal le transfert de la ligne, car je pense que le technicien n'aura avec lui ni pelle ni pioche pour me raccorder au réseau, ce qui allongera le délai, c'est inévitable, je m'apprête à passer quelques semaines sans internet.

Il va donc falloir, chers lecteurs, vous attendre au prolongement de cette activité réduite pour quelques semaines encore.

lundi 22 juin 2009

Here Comes The Sun

Les Beatles, ça m'a toujours fait chier. Comme tout le monde je connais leur morceaux les plus célèbres, qu'on nous passait au collège pendant les cours d'anglais, c'est bien gentil, bien sympathique, mais je n'ai jamais trouvé urgence à écouter leurs disques. C'est quelque chose que je me réservais pour plus tard. Ne sachant pas bien par où prendre le problème, je me souviens du conseil suivant: avoir les compilations rouges et bleues et l'album blanc, pas difficile à retenir. J'ai essayé le fameux album blanc il y a une dizaine d'année. Je ne suis pas sûr être parvenu à écouter un des deux volumes en entier à la fois. Rien à faire, ne pas insister dans ces cas là. De toute façon, je suis Rolling Stone, voilà comment j'analysai la situation, croyant dur comme fer à ce clivage légendaire.


Touriste japonais pris en flagrant délit

J'ai découvert Abbey Road cette semaine. Quarante ans après tout le monde, quoi. Allez savoir pourquoi, j'ai mis la main sur un vinyle, la photo de la pochette, j'ai toujours aimé cette photo, des souvenirs de cette escapade à Londres il y a deux mois, où mes pas m'ont mené au passage clouté, moi à la différence de tous ceux qui étaient là et se faisaient photographier en traversant les bras ballants, qui n'avais jamais écouté le disque. Je savais vaguement qu'il y avait dessus Come Together, et c'est à peu près tout. Je dois avouer aujourd'hui ma surprise totale depuis que je l'ai découvert parce que ça ne ressemble absolument pas à ce que j'imaginais et il ne se passe pas un jour sans que je ne doive l'écouter.


Abbey Road, le carrefour.

La photo je disais. La coccinelle blanche à cheval sur le trottoir, en face, une voiture noire de police avec probablement un flic en civil, à moins que ce ne soit un simple badaud, qui les mains dans le dos, veille au bon déroulement de la traversée. Un groupe de personnes au niveau de l'entrée des studios qui regarde aussi ce qui se passe. Quatre types qui marchent avec la régularité du pas cadencé ou presque puisque seul celui qui va nu pied est en opposition de phase, à intervalle équidistant, le premier, le meneur, en costume blanc, les mains dans les poches. Les immeubles de brique rouge, les arbres sur le trottoir, le ciel dégagé. Ca sent un peu l'été.


Comment aurais-je pu penser trouver aussi entêtantes les chansons de Georges Harrisson, Something et Here Comes The Sun? Comment se fait-il que McCartney que j'ai toujours trouvé insupportable sur Yesterday ou Let It Be, pour ne citer que celles là, me touche à ce point avec You Never Give Me Your Money? Comment vous expliquer l'écoute de cette deuxième face, de ces chansons qui s'enchevêtrent, jouent à cache-cache, se répondent les unes aux autres? Comment vous dire, sans parler de Come Together, des titres comme Oh! Darling qui vous trottent toute la journée dans la tête, ou bien encore I Want You, dont je ne connaissais l'existence jusque là que par une reprise de Noir Désir, et qui me coupe le souffle à chaque fois.



Bien content de m'être trouvé un nouveau compagnon, pas certain de découvrir quelque chose d'aussi puissant dans le reste de leur oeuvre.

vendredi 5 juin 2009

On se moque du monde

La formation avait lieu dans un restaurant gastronomique non loin de chez moi. Pour une fois je sacrifiais un peu à mon temps, après une dure journée de labeur: j'avais répondu à l'invitation. "Avancez-vous, un apéritif vous attend sur la terrasse!". Génial! La vue est magnifique, l'étang, les nénuphars, les arbres autour, le bois en bordure. Vue vite gâchée hélas par quelques personnes que j'aurai préféré éviter. C'est la loterie. Si j'avais pu passer incognito! Mais l'invitation si alléchante avait suscité des convoitises.

Il aura fallu un bon quart d'heure et quand je dis bon quart d'heure c'est pas façon de parler, je suis bel et bien resté un bon quart d'heure, avant qu'une serveuse ne s'avance avec un plateau, offrir des rafraîchissements à un groupe de retardataires, sans toutefois venir jusqu'à moi. J'étais un peu à l'écart certes. Une dizaine de minute plus tard, une autre faisait circuler un plateau avec quelque amuse-bouche. Un par personne. Puis on vint m'offrir une flûte de champagne. Mais on annonçait en parallèle de s'avancer, que ça allait commencer.
Dans la salle de restaurant où nous prenions place pour la conférence, on pouvait voir juste à côté de belles tables dressées, nappes blanches sans un pli de travers. Comme les places du fond étaient prises d'assaut, c'est au premier rang, dernier choix qu'il reste aux cancres, que je m'installe.

Je vous passe les détails du contenu, présenté par un Droopy, survolant son diaporama, visiblement peu à l'aise pour prendre la parole en public, ne mettant aucun enthousiasme, ni de chaleur aucune dans son propos, ce qui a pour conséquence un décrochage de l'auditoire dans les cinq minutes. Au bout d'un moment, et c'est inévitable, ce sont les premiers bâillements qui s'expriment, on ne peut plus les réprimer. Impossible de se concentrer, on frôle l'hypoglycémie. Il faut avoir à l'esprit que le cerveau pour fonctionner est gros consommateur de sucre. On entend mieux le ventre plein! Tout ça dure une heure trente. On commence à gamberger, se demander ce qu'on va bien pouvoir se raconter à table, tout cela sent le piège qui se referme. On se fait du mauvais sang.

Puis coup de théâtre. Un groupe vient s'installer aux tables voisines, et on comprend d'un coup qu'elles ne nous étaient pas destinées. On épluche alors les autres éventualités, et le contenu du discours passe définitivement à l'arrière plan. L'intervenant met enfin un terme à son soliloque. On nous annonce un buffet qui va nous être dressé. On se moque du monde. Un petit jeune qui cherche le contact s'approche de moi, nous commençons à échanger quelques impressions et quelques sarcasmes. On se moque du monde. Et lorsqu'il me fait remarquer que le champagne a disparu au profit d'un vin rouge quelconque, c'en est trop. Décidément, on se moque du monde. Je tourne les talons, file à l'anglaise, avant même l'arrivée du buffet.
Je ne m'en suis pas si mal sorti finalement.