Touriste japonais pris en flagrant délit
J'ai découvert Abbey Road cette semaine. Quarante ans après tout le monde, quoi. Allez savoir pourquoi, j'ai mis la main sur un vinyle, la photo de la pochette, j'ai toujours aimé cette photo, des souvenirs de cette escapade à Londres il y a deux mois, où mes pas m'ont mené au passage clouté, moi à la différence de tous ceux qui étaient là et se faisaient photographier en traversant les bras ballants, qui n'avais jamais écouté le disque. Je savais vaguement qu'il y avait dessus Come Together, et c'est à peu près tout. Je dois avouer aujourd'hui ma surprise totale depuis que je l'ai découvert parce que ça ne ressemble absolument pas à ce que j'imaginais et il ne se passe pas un jour sans que je ne doive l'écouter.
Abbey Road, le carrefour.
La photo je disais. La coccinelle blanche à cheval sur le trottoir, en face, une voiture noire de police avec probablement un flic en civil, à moins que ce ne soit un simple badaud, qui les mains dans le dos, veille au bon déroulement de la traversée. Un groupe de personnes au niveau de l'entrée des studios qui regarde aussi ce qui se passe. Quatre types qui marchent avec la régularité du pas cadencé ou presque puisque seul celui qui va nu pied est en opposition de phase, à intervalle équidistant, le premier, le meneur, en costume blanc, les mains dans les poches. Les immeubles de brique rouge, les arbres sur le trottoir, le ciel dégagé. Ca sent un peu l'été.

Comment aurais-je pu penser trouver aussi entêtantes les chansons de Georges Harrisson, Something et Here Comes The Sun? Comment se fait-il que McCartney que j'ai toujours trouvé insupportable sur Yesterday ou Let It Be, pour ne citer que celles là, me touche à ce point avec You Never Give Me Your Money? Comment vous expliquer l'écoute de cette deuxième face, de ces chansons qui s'enchevêtrent, jouent à cache-cache, se répondent les unes aux autres? Comment vous dire, sans parler de Come Together, des titres comme Oh! Darling qui vous trottent toute la journée dans la tête, ou bien encore I Want You, dont je ne connaissais l'existence jusque là que par une reprise de Noir Désir, et qui me coupe le souffle à chaque fois.
Bien content de m'être trouvé un nouveau compagnon, pas certain de découvrir quelque chose d'aussi puissant dans le reste de leur oeuvre.