Time Fades Away

mardi 29 janvier 2008

Closing Time

Il est des choses qu'on remet au lendemain. Qu'on se réserve pour plus tard. Quand on aura le temps, qu'on pourra le prendre, qu'on pourra pleinement s'y consacrer, démêler tranquillement les choses, tout remettre dans l'ordre, en prenant soin de commencer par le commencement. Le temps d'oublier aussi, pour mieux y revenir et se dire "ah ouais c'est vrai, j'avais oublié". C'est un peu ce qui s'est passé, douze ans déjà, novembre 95, le jour où j'ai découvert cette compilation hommage. Du beau monde qu'il y avait: Tindersticks, Drugstore, Pete Shelley, Alex Chilton, Magnapop, Jeffrey Lee Pierce pour ne citer qu'eux. Step Right Up qu'elle s'appelait. A l'époque, je vivais à Bordeaux, dans un petit studio sombre au quatrième étage, avec vis à vis, plein nord, au fond d'une petite cour. Mais je l'aimais bien ce petit appart minable, peut être parce que c'était mon premier vrai chez moi. J'avais fini mes études, je vivais au coup par coup. J'attendais d'être gentiment rappelé à l'ordre sous les drapeaux quelques mois plus tard, de quitter mon antre et par là même définitivement ma vie bordelaise. Mais à ce moment là, je ne le savais pas. Je me disais en écoutant ce disque, qu'il faudrait un jour songer sérieusement à explorer la discographie de Tom Waits. Une de ces choses qu'on se garde pour ses vieux jours, comme je m'en garde d'autres dans l'espoir d'une bonne surprise.


Sans faire un pli, j'ai décidé de faire main basse sur ses dix premiers albums. Dix d'un coup ça fait beaucoup, donc je me suis concentré ces deux dernières semaines sur les trois premiers: Closing Time (1973), The Heart Of Saturday Night (1974), Nighthawks At The Diner (1975). Finalement la première chose qui vient comme une évidence c'est que j'ai toujours couru après lui en le cherchant au travers des Tindersticks, Lambchop, The National ou Marianne Faithfull pour ne citer qu'eux, tant la parenté est évidente. La deuxième révélation c'est la voix incroyable du jeune Tom Waits, pleine, chaude, claire, un vrai rêve... avant de devenir celle qu'on connaît maintenant grave, rocailleuse, abîmée, plus lourde à pousser, plus proche du jappement par endroit. La troisième chose c'est le romantisme des débuts, qui au fil des albums prend une direction différente, et parallèlement sa voix, des intonations nouvelles.

Puis si vous avez une quarantaine de minutes à perdre, venez vous en rendre compte par vous-même avec quelques larges extraits d'un show télévisé, Soundstage, qui lui fut consacré en 1976.


Eggs & Sausages


Semi Suite
Diamond On My Windshield



Drunk On The Moon
Better Off Without A Wife



Nighthawk Postcards


The Heart Of Saturday Night


San Diego Serenade

On ferme.

4 commentaires:

Arty a dit…

Il pourrait chanter "Au clair de la lune" que ce serait tout aussi divin !
Je l'adore un point c'est tout !

Arty a dit…

Juste une remarque je trouve que dans les extraits que tu as choisi il cause beaucoup plus qu'il ne chante...

j'ai un faible pour :

http://fr.youtube.com/watch?v=De94vAT4EU8


ou

http://fr.youtube.com/watch?v=km8ic221gAk

Kill Me Sarah a dit…

C'est incroyable la voix de gamin qu'il a sur Closing time (un peu moins sur le suivant). Dès le live il s'est déjà cramé les cordes vocales au whisky et à la clope. Il est extraordinaire d'ailleurs ce live il faut bien le dire.

Solitary Man a dit…

Arty>
On va y arriver pas à pas aux année 80 et 90, patience...
All The world Is Green, tu avais déjà écrit dessus.
Il cause beaucoup, il cause beaucoup... A côté de toi... hihihi!!

KMS>
Les premières inflections de la voix se font effectivement entendre dès Nighthawks At The Diner, et on peut s'en rendre compte dans ce show TV déjà, qu'il a fallu chercher un peu loin dans YouTube.
D'avoir entendu sa voix du début (de gamin tu trouves?), qui est vraiment très belle, d'avoir en quelque sorte levé le voile de ce qu'elle est devenue, va, je pense, faciliter ma progression dans le reste de sa discographie. J'aime beaucoup les deux premiers albums.