Time Fades Away

samedi 5 avril 2008

Ocytocine

Un peu décidé ça à la dernière minute, puis ça m'a fait du bien d'y aller. Bordeaux a changé. Moi aussi, je me rends compte. Que cherchais-je ce jour là au juste? Un passé sur lequel il ne sert à rien de revenir, une vieille habitude pour tuer le temps. La ville bouge, mue. Des quartiers insalubres de Mériadeck rasés, poussent des immeubles qu'on doit vendre au prix de l'or le mètre carré. Les changements incessants d'enseignes rue Porte-Dijeaux. Certains commerces qui fleurissaient ont purement et simplement disparus. Allez trouver un photographe, un vidéo club, de la Hi-Fi, une papeterie: ça n'existe plus! A la place: des banques, des agences immobilières, des boulangeries industrielles... Eu comme un serrement au coeur en rentrant à la Fnac. L'époque de la profusion est révolue, on se demande même si elle n'est pas au bord du dépôt de bilan. Le rez de chaussée est vide, les rayons disque et dvd ont encore cédé de la place, sans parler de la Hi-Fi sur le point de disparaître. L'immensité de la surface soudain ne sert plus à rien. On cherche par tous les moyens à masquer le vide. Oui une page est tournée.

Il faisait gris ce jeudi, j'ai eu du mal à trouver une place. Je n'ai pas pris la photo rue Causserouge, le soleil n'ayant apparu que sur les cinq heures. Je n'ai pris aucune photo en fait. Une après-midi incognito, débarqué sans prévenir, à marcher, flâner, aller au cinoche. L'Utopia toujours là, le blondinet à la caisse avec de larges cernes sous les yeux et le regard bien embrumé pour trois heures après-midi, un serveur qui m'apporte un café à la place d'un Schweppes... On passera rapidement sur Darjeeling Limited. Le frisson en revanche, ce fut Lou Reed Berlin. Le concert et seulement le concert filmé.

You were five foot six inches tall
It was very nice
Candlelignt and Dubonnet on ice...

Je n'ai pas pu voir le spectacle lors des quelques dates de la tournée l'été dernier, on corrige le tir comme on peu. Je suis sorti de la projection heureux et léger, baigné d'ocytocine. J'ai senti la douce volupté de mon pelage hérissant, mes jambes flageolantes. Je regagnais la voiture, la tiède douceur d'un rayon de soleil dans les yeux. Je n'irai pas voir Alela Diane qui jouait ce soir là à Barbey, après ce que je vais de voir, à quoi bon, pour trouver ça fade. Mis la clef dans le contact, Lee Hazlewood. Ai pris le chemin du retour, on m'attendait là-bas.

6 commentaires:

Kill Me Sarah a dit…

Je ne sais pas si tu te souviens mais c'est le concert de la St Ann warehouse qui est filmé, c'est celui dont je t'avais donné un lien l'année dernière. Bon le son est certainement bien meilleur dans le film.

Arty a dit…

Oh la vache ça fait envie ! Encore un qui va me passer sous le nez j'en ai bien peur !
Quelle belle affiche !

Solitary Man a dit…

KMS>
Bien sûr que je m'en souviens, of course!! C'était très sympa de ta part. Pour le son, tout dépend comment la salle est équipée...
Toi, tu as vu la date parisienne, tu vas aller le voir, le film?

Arty>
Reste plus qu'à attendre le dvd pour Noël!!

Les enfants>
Je m'absente quelques jours. Les mauvaises langues diront qu'on ne verra pas beaucoup la différence...
Restez sage!!

Rodolphe a dit…

Il est joli ton texte. Ca le fait.

Kill Me Sarah a dit…

Je ne pense pas aller voir le film mais il est possible que je me fasse avoir en achetant le DVD quand il sortira...

Solitary Man a dit…

RVT>
Merci, m'sieur Rodolphe. C'est pas La Chambre D'Albert Camus non plus...

KMS>
Avec une bonne paire de JMLab, et un bon canapé, ça peut être sympa aussi. Avantage à toi qui tout de même a vu la (pas si super que ça il paraît) prestation parisienne.
En plus de la présence d'Antony, il y a aussi Sharon Jones parmi les choristes de luxe.