Time Fades Away

vendredi 13 juillet 2007

The Phantoms And The Archetypes

Au début je me suis pas méfié. Je pensai qu'il ne resterait plus longtemps avant d'avoir des nouvelles. Au bout de deux trois ans, il me semblait normal qu'il donne signe de vie. Et puis non: rien. Dix ans que ça dure. Il semble que tout se soit arrêté vers 1995. Ma petite enquête menée, les maigres renseignements trouvés n'en disent pas plus. Pas de page MySpace, ni de vidéo sur YouTube, les quelques bios qu'on peut glaner se copient/collent les unes aux autres et n'apprennent rien de plus si ce n'est qu'une décision de justice l'empêchait de se produire de 1985 à 1990.



On ne sait pas grand chose de lui. Originaire de Glasgow, fils de pasteur, élevé sans télé ni tourne-disque, dépressif notoire, fan de Presley. Il fonde au début des années 80 Bourgie Bourgie qu'il saborde au bout de deux 45t, collabore avec Aztec Camera, Vince Clarke... Et silence radio.



Qu'est devenu Paul Quinn? Deux disques difficiles à trouver et qui pourtant ont gardés intact leur poison délétère. Sa voix puissante est plus profonde que Morrissey ou Scott Walker réunis. L'atmosphère malsaine et profondément mélancolique de ces chansons est si intense qu'il est interdit de penser que ce type était un imposteur. Beauvallet dans Les Inrockuptibles écrivait en 1992 à propos de The Phantoms And The Archetypes, le premier album, produit par Edwyn Collins son ami d'enfance, que Paul Quinn passait en revue le catalogue de toutes les dépressions. On y trouve dessus une version de Superstar des Carpenters la plus touchante que je connaisse. Il s'est produit en 1993 au Passage Du Nord-Ouest à Paris, et chantait pieds nus, seuls échos que j'ai trouvé. L'année suivant sort le deuxième album Will I Ever Be Inside Of You, toujours accompagné de The Independent Group, qui rassemblait Alan Horne, le boss du label Postcard et des Commotions, l'ancien groupe de Lloyd Cole. Son dernier enregistrement à ma connaissance se trouve sur un EP compilation regroupant plusieurs artistes: Pregnant With Possibilities Vol.1 paru en 1995, accompagné des Nectarine N°9, et s'intitule Tiger Tiger. Et puis plus rien...



Par le plus grand des hasards, Lloyd Cole lors de la promotion de son dernier album Anti-Depressant nous apprenait que Paul Quinn était toujours vivant, ce qui semble être un exploit, et qu'Alan Horne s'occupait de lui, ce qui semblait être, à ses dires, son seul geste de charité chrétienne.

11 commentaires:

Noboru Wataya a dit…

cool. ignorais ce mec totalement. et pourtant la photo du bas kinda rings bell. m'en vais tchèquer ça sois sûr: un catalogue des dépressions, et je n'aurais pas ça?! ;-)

Nat a dit…

Noboru>
"Ignorais ce mec totalement"
So did I ...
Mais moi c'est normal !

Solitary Man a dit…

Noboru>
Voici la phrase exacte, parce que j'ai pondu tout ça de mémoire.

"Une vraie fascination pour une idée du glamour faite de hauts et de bas, de costumes lamés et de trous noirs, de Las Vegas et de mauvaises rues de Glasgow, d'Elvis et de Scott Walker. Dans ces histoires de crooner pas très glorieuses, on naît du mauvais côté de la ville, dans son petit monde et on y reste: c'est une voix résignée, profonde et imposante, qui sussurre le catalogue des dépressions.
J.D. Beavallet, Les Inrockuptibles 41, 1992.

Nat>
Je continue de mener l'enqête. En 93, il avait 33 ans. Donc depuis s'il a pris, disons, 20 kg et s'est laissé pousser une fraise à la place du nez, ça complique un peu les choses. On doit être bien loin du brun ténébreux aux yeux bleus...

Anonyme a dit…

Merci pour cette petite notule. Je possede le Will I Ever.. et le Tiger Tiger et je recherche l'album Phantoms & Archetypes...

On ne sait jamais.

aubertthuillier@hotmail.com

R.Claude a dit…

J'ai écouté cet album en boucle pendant un hiver. Merci de rendre hommage à cette voix singulière et oubliée.

R.Claude a dit…

Et en passant par Beauvallet ? Il a peut-être des nouvelles. Je me souviens de son papier (+ interview ?) de 1992 emballé et emballant pour cette grande voix, celle des Men with long black coats. Il y a un groupe britannique qui a quelque chose de Quinn dans ses morceaux lents : The Flaming Stars. Je les imagine assez vidant des chopes de bières rousse dans un pub improbable au cours d'une tournée en Ecosse.

R.Claude a dit…

Sur YouTube, il y a quelques prestation de Paul Quinn avec des potes :
http://www.youtube.com/results?search_query=Paul+Quinn+&search_type=&search=Search
Cordialement.

Solitary Man a dit…

Anonyme>
Contacte moi par mail.

René Claude>
Bienvenue!! Ca fait toujours plaisir d'avoir des contact avec d'autres personnes qui ont les mêmes marottes. Quand j'ai rédigé ce post, j'aurai bien aimé l'illustrer avec une vidéo, mais on ne trouve guère sa période des années 80 avec Bourgie Bourgie, ou le Pale Blue Eyes avec Edwin Collins.
Je suis trop timide pour aller frapper à la porte de Beauvallet... Puis j'aurai tellement de noms à lui soumettre pour savoir ce qu'ils sont bien devenus.
Il y a dix ans j'ai du user jusqu'à la corde une vieille K7 de Will I Ever Be Inside Of You, une année durant, dans mon autoradio!!

Anonyme a dit…

Excuse me, but my french is shit. The last I heard is that Paul Quinn has MS and that Alan Horne is helping him out...

Solitary Man a dit…

Welcome!! What a bad new!
Let me translate for my French audience:
Paul Quinn serait donc malade, atteint de la sclérose en plaque (Multiple Sclerosis) et Alan Horne s'occuperait de lui.

Rob a dit…

Hopefully you will like the Paul Quinn website. If anyone has any French magazine scans then please let me know!
http://paulquinn.duckworthsquare.com